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Une petite histoire

# Une petite histoire – Chapitre 8

 

Non

 

La réponse cinglait encore dans ses oreilles. Ralph se redressa pour faire face à Hortense.

– Non ?

– Écoute Ralph, soupira-t-elle, je ne peux pas tout plaquer, comme ça, parce que tu me le demandes, ou juste pour tes beaux yeux. Ça ne me ressemble pas, sans compter ma famille qui va faire un infarctus, ma licence que je vais louper… Non, autant que tu n’insistes pas, tu ne me feras pas changer d’avis, je reste ici jusqu’à ce que j’aie mon diplôme. J’ai travaillé suffisamment dur pour ne pas le voir filer sous mon nez.

– Peut-être que si je leur téléphone, tu pourrais passer des épreuves anticipées… Je ne sais pas moi, tu serais partante ?

Hortense se redressa, sidérée.UPH chap8

– Non mais tu t’entends ? Tu veux les payer pour que je passe mon exam plus tôt ? Autant me l’acheter directement si on suit ta logique.

– Je pensais bien que ça te poserait un problème éthique…

– Ethique ? C’est toi qui me dis ça ? Je ne sais pas à quoi tu as été habitué, mais tu ne pas avoir tout ce que tu veux. Tu ne peux pas disposer des gens à ton aise. Nous ne sommes pas tes marionnettes.

Ralph la toisa avec colère. C’était la première fois que quelqu’un le traitait ouvertement de sale gosse de riche. Qui était-elle, cette Hortense fraichement débarquée, pour lui tenir tête ainsi ? Comment allait-il pouvoir renverser la situation à son avantage ? Elle semblait bien décidée à rester ici, ce qui serait tellement désuet si elle l’aimait vraiment. Il tenta donc le tout pour le tout.

– Hortense je t’aime, souffla-t-il.

Hortense se leva brusquement, se séparant de lui.

– Arrête ! Ce n’est pas fair-play ce que tu fais. Tu me mets un ultimatum.

– Je n’ai rien fait de tel. Je te dis juste que je t’aime.

– Et tu t’attends à ce que je te réponde la même chose. Et là, tu me diras que les gens qui s’aiment se suivent, que l’amour est plus important que le travail…

– Mais Hortense, sois spontanée, arrête de penser à tout ça. À moins que tu ne cherches à tourner autour du pot pour ne pas aborder ce qui te tracasse réellement. Hortense, est-ce que tu m’aimes ?

Ralph la fixa intensément afin qu’elle ne s’échappe pas une fois de plus. Hortense, au bout de ce qui lui parut une éternité leva les bras en signe de rémission.

– Ok Ralph, je te réponds mais je tiens à ce que tu me promettes quelque chose.

– Quoi ?

De toute évidence, il n’aimait pas plus les ultimatums.

– De un, tu me laisses parler jusqu’au bout, et de deux, on aborde plus le sujet avant demain. Ok ?

Ralph hocha la tête. Hortense prit une profonde inspiration et s’assit dans un fauteuil. Ralph remarqua que c’était le plus éloigné de lui : ça ne présageait rien de bon.

– Je crois que je t’aime. Mais une grande partie de moi essaie de refouler ce sentiment. Parce que ça me fait peur, tu me fais peur, et je sens que ça va me briser en mille morceaux. Et il me restera quoi ? J’ai l’impression que l’on ne voit pas le monde la même manière, et c’est très perturbant. Jamais tu ne t’habitueras à ma vie, et toi, tu vas me demander de te suivre, et c’est moi qui ne m’habituerai pas. Rester dans un palace doré, t’attendre tous les soirs, si encore tu n’es pas en tournage à l’autre bout du monde à faire je ne sais quoi… C’est voué à l’échec. Et j’en ai pris conscience contrairement à toi. Ta vie va me briser et la mienne est incompatible avec la tienne. Echec, game over.

Le long discours d’Hortense fut suivi d’un silence de plomb. Si longtemps qu’elle ne cessait de remuer dans son fauteuil.

– Ralph, tu ne dis rien ?

– C’était l’une de tes conditions non ? lui répondit-il froidement.

Hortense ne répondit rien.

– Oh et puis merde, reprit-il, ta condition est nulle, en plus tu as tord. Mais une promesse est une promesse. Alors je préfère partir.

– Oh, reprit-elle surprise. Et tu vas où ?

– Bon sang Hortense, où veux-tu que j’aille ? Je rentre dans ma chambre d’hôtel !

-Ah ok, répondit-elle soulagée. Et tu veux quand même me revoir bientôt ?UPH chap8-6

La colère de Ralph fondit comme neige au soleil.

– Dès demain, répondit-il avec un sourire. J’ai bien l’intention d’être là dès la première heure !

Il se pencha pour l’embrasser puis rentra chez lui sans se retourner.

 

 

C’est sur le chemin que Ralph s’autorisa à penser à ce que Hortense lui avait dit. Elle avait tord concernant le dénouement final, mais son raisonnement tenait la route. Ils avaient certes des modes de vie différents, mais ce qui inquiétait surtout Hortense c’était l’inconnu. Elle imaginait un monde parallèle alors que c’était juste un milieu différent. Mais fondamentalement les gens sont pareils. Et elle finirait par s’habituer à tout ce tapage. Tout le monde s’habitue à la richesse. Comment pouvait-il lui montrer qu’ensemble ils surmonteraient les obstacles alors qu’il manquait de temps pour simplement bien la connaître ?

Il s’endormit ce soir là d’un sommeil mouvementé, cherchant des solutions qui lui semblaient les moins douloureuses.

 

 

Le téléphone de Hortense sonna. Non sans une certaine appréhension elle découvrit le nom de Ralph et c’est presque les doigts tremblants qu’elle lui répondit :

– Allo ? chuchota-t-elle.

– Allo ? Hortense ? Tu vas bien ? Tu parles bizarrement…

Hortense se grata la gorge.

– Tout va bien, t’inquiète, je suis simplement un peu fatiguée.

– On peut se voir ?

– Pour parler de notre discussion d’hier ?

Ralph ne répondit rien.

– Où ça ? reprit-elle, comme si de rien n’était.

– Tu es disponible tout le weekend ?

– Il faut que je bosse, et je ne suis disponible qu’à partir de dix-neuf heures.

– Tes cours se terminent si tard ?

– Je dois réviser mon oral avec Julien, tu sais je t’en ai parlé hier.

– Ah oui, répondit Ralph à qui cette révision n’enchantait pas vraiment. Bon, je passe te prendre à dix neuf heures alors.

– Euh, mettons plutôt 19h45, histoire que j’ai le temps de rentrer.

– C’est chez lui? s’étrangla Ralph.

– À la bibliothèque. Je rêve ou tu es jaloux ?

– Tu rêves. Bon je passe à 19h45 et on part pour le weekend.

– Quoi ? Le weekend entier avec toi ? C’est im-pos-sible, articula-t-elle. Je te l’ai dit, je dois bosser, et je n’arriverai jamais à me concentrer avec toi dans un périmètre de moins de 10 mètres…

– C’est bon à savoir ! Et à propos, tu n’as pas le choix, c’est tout réservé.

– Comment tu as fait alors que tu ignorais mes disponibilités ?

Ralph poussa un soupir exaspéré.

– Bébé, tout ça n’est pas un problème, je leur téléphone et on recule tout d’une demi-heure. Un bip et on avance tout de trois heures…

– De un, ne m’appelle pas bébé, et de deux, ça doit être horriblement ennuyeux d’avoir tout le monde comme ça à tes pieds.

– Tant que je t’ai toi, rien ne m’ennuie. Bon, je passe à 19h45 ?

– Mettons 20h, je n’aimerais pas faire attendre ton chauffeur.

– 20h et c’est mon dernier mot bé… Peu importe, Hortense.

 

 

UPH chap8-2Toute la journée Hortense se demanda ce qu’ils allaient bien pouvoir faire pendant le weekend entier. Elle devait bien admettre qu’elle avait hâte de le retrouver tout à l’heure, mêlé à une peur panique. Elle eut beaucoup de mal à se concentrer et ne put s’empêcher de remarquer que Julien assurait beaucoup plus leur oral qu’elle. Elle se promit de remédier à la situation quelque soit le weekend qui l’attendait. À la fin de leurs révisions, c’est presqu’en courant qu’elle rejoignit son appartement. Essoufflée d’avoir montée ses six étages à la hâte, elle eut néanmoins le temps de se doucher. Elle fit particulièrement au choix de ses vêtements, enfilant une tenue à la fois confortable et classe. Enfin, classe pour elle. Elle doutait que Ralph fit une différence entre du Monoprix et du Zara. Elle opta donc pour un jean qui mettait en valeur ses jambes, ainsi qu’un joli top à volants. Ses bottines à talons aux pieds, une légère touche de maquillage et les derniers préparatifs bouclés, Hortense était prête. 19h52. Sa porte sonna. Elle leva les yeux au ciel devant cette ponctualité. Elle ouvrit et se retrouva nez à nez avec un Ralph aux allures de mannequin qui fit aussitôt flancher l’assurance d’Hortense. Même avec un simple jean et une chemise froissée, Ralph semblait sorti d’un magazine.

– Salut, lança-t-il joyeusement.

– Salut, lui répondit-elle timidement.

– Ready ma chérie ? ajouta-t-il avec malice.

– Tu t’es mis au français maintenant ?

– Qu’est-ce que tu crois que je fais de mes journées ?

Hortense haussa les épaules.

– Alors prête ?

Elle acquiesça en silence.

– Donne moi juste une minute s’il te plait.

Elle fila dans la salle de bain. En se fixant dans le miroir, elle prit une profonde inspiration. « Tu peux le faire. Sois naturelle, éclate-toi et advienne ce qu’il adviendra, ok ma poule ? ». Hortense se vaporisa un peu de son parfum pour lui donner du courage et sortit.

– C’est bon, je suis prête ! dit-elle en se penchant pour attraper son bagage.UPH chap8-3

– Laisse, je vais le prendre.

Ralph le lui prit presque de force et sortit dans le palier.

– Si Mr Pressé veut bien me laisser le temps de prendre mes clés afin que je retrouve toutes mes affaires en rentrant, il serait fort aimable.

– Fais ta maligne ! Où sont-elles ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il ouvrit la poche avant de son bagage.

– Des boules Quiès ? Tu es sérieuse ?

– Et mais faut pas te gêner, ralla-t-elle. Et puis, comme je ne sais pas où tu m’emmènes, il faut bien que je sois parée à toutes les possibilités.

– Je doute néanmoins que tu es besoin de ça, mais si tu y tiens, dit-il en lui tendant les clés qu’il avait fini par trouver.

Hortense entreprit de fermer sa porte. Mais elle était tellement stressée qu’elle du s’y reprendre à trois fois pour y parvenir ce qui exaspéra Ralph.

– On peut espérer partir avant 22h ?

– Oui, c’est bon, je te suis.

Mais pour achever sa terrible humiliation, elle loupa une marche dans l’escalier et s’effondra sur lui.

– Non mais Hortense, respire ! Il t’arrive quoi là ? Je ne vais pas te séquestrer pendant trois jours alors zen compris ?

– Excuse-moi, c’est juste que tout ça ne me ressemble pas. J’ai l’impression d’être dans un de tes films.

– Promet-moi au moins que tu ne deviendras jamais actrice dans ce cas, répondit-il en souriant.

– Et toi de ne pas devenir comique, répliqua-t-elle du tact au tact.

– Ça y est je te retrouve enfin !

 

 

Dans la voiture, qui roulait maintenant depuis trente minutes, Hortense s’autorisa à lui demander des informations sur leur destination.

– Pour être honnête je n’y suis moi-même jamais allé, mais ça m’a toujours tenté. J’ai quand même failli prendre des vacances là-bas.

– Londres ?

– Bébé, j’ai un appartement à Londres.

– Evidemment ! Quelle sotte je suis ! L’Italie ?

– Non, je connais, répondit-il en lui lançant un clin d’oeil.

– Bon je donne ma langue au chat !

– Au chat ? demanda-t-il perplexe.

– Une expression française…

– On va aux Seychelles.

Hortense en resta bouche bée.

Ils arrivèrent une demi heure plus tard à l’aéroport d’Orly. Mais au lieu d’aller se garer dans le parking public, la voiture prit un chemin qu’elle ne connaissait pas. Pas étonnant puisque la voiture s’arrêta quelques instants plus tard devant la barrière de sécurité menant aux jets privés.

– Tu n’es pas sérieux?

– Quoi ?

– Un avion?

– Euh…oui. C’est pratique pour aller aux Seychelles.

– Tu as un jet ? continua-t-elle.

– Viens, dit-il en sortant de la voiture lorsque celle-ci s’arrêta devant le jet.

Il alla lui ouvrir la portière et elle en sortit encore plus paniquée qu’avant. Il lui prit la main, s’occupa de présenter leurs papiers au commandant, puis ils empruntèrent l’escalier et se rendirent dans un espace confiné mais chaleureux.

Ils s’assirent et on leur proposa instantanément une flûte de champagne.

– A notre weekend, dit-il en levant son verre.

– Généralement les gens se contentent d’un weekend à Etretat, mais bon… à notre weekend dans ton monde !

Elle leva sa flûte et l’entrechoqua à celle de Ralph.

histoire - chap 8

 

A bientôt pour la suite de l’histoire,

xoxo

delph

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