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Une petite histoire

#Une petite histoire – Chapitre 10

 

– Est-ce que tu as pu repenser à ce que je t’ai proposé ? demanda Ralph en tenant Hortense par les épaules alors qu’ils rentraient du restaurant.

Il était tard et la nuit était tombée, laissant apparaitre une lune magnifique qui se reflétait dans l’eau.

Hortense ne répondit pas immédiatement et semblait perdue dans ses pensées. Le sourire qui peignait ses lèvres s’estompa progressivement au gré de ses pensées.

– Ecoute, je sais ce que je te demande, continua Ralph en resserrant son emprise autour de ses épaules. Je sais que ça te fait peur, mais généralement le cas pour l’inconnu. Viens avec moi, je t’en prie.

Il espéra que sa demande ne sonnerait pas trop comme une supplique, il ne voulait pas paraitre désespéré.

Hortense s’arrêta soudainement et se tourna vers la mer. Elle soupira :

– Ce n’est pas ce que tu veux entendre, et je sais que je t’ai dit à l’instant que je t’aimais, et crois-moi, c’est vraiment le cas, mais je ne te suivrait pas.

Le visage de Ralph s’affaissa.

– Tu es en train de rompre ?

– Non, reprit-elle sans hésitation. Tu es loin du compte. Je viens de te le dire, je t’aime Ralph, dit-elle en appuyant sur les mots. J’ai besoin d’exister de mon côté. J’ai besoin de faire quelque chose de ma vie. J’ai besoin de mon diplôme et je dois le passer comme tout le monde.

– Mais c’est ridicule ! Tu te rends compte que je gagne largement assez pour pouvoir tout t’offrir.

– Alors ma vie va se résumer à ça ? Je vais te demander la lune et tu vas me l’offrir sur un plateau d’argent, comme ce soir ? Tu ne comprends pas que je n’ai pas du tout cette vision du travail. Je dois travailler pour vivre. Je ne supporterai pas de n’avoir des journées planifiées uniquement selon un rendez-vous chez un coiffeur ou une manucure…

– Tu peux très bien faire quelque chose, des choses qui t’intéressent. Tu pourrais avoir le travail que tu veux. J’appelle et dans l’heure tu es embauchée.

– Whao ! Et qu’elle fierté j’en retirerai ?

– Toujours cette histoire de fierté ! C’est fou mais je croyais que c’était un truc d’homme ça, répliqua Ralph dont la colère commençait à le submerger. Moi je crois surtout que tu ne m’aimes pas assez pour me suivre. Tu ne me fais pas confiance au fond.

UPH chap10-2Hortense se tourna vers lui et lui lança un regard noir.

– Je ne te fais pas confiance ? Je te ferai remarquer que je suis ici, à tes côtés et que je n’avais aucune garantie. J’ai confiance en toi et je sais que tu ne me feras pas de mal, du moins consciemment. Mais ouvre les yeux : on ne se connaît que depuis quelques semaines, j’ignore encore tout de toi, et j’ai l’impression que tu ne me connais pas non plus vraiment. Et tu veux que je te suive dans un monde que je ne connais pas et que j’appréhende clairement, avec rien d’autre que mon joli minois et mes quelques phrases bien tournées ? Non mais c’est du DÉ-LIRE. Personne de censé ne ferait ça, explosa Hortense folle de rage. Et le pire c’est que tu me fais retomber la faute dessus. Tu essaies de me changer sans même me laisser le temps de respirer. Tu veux que je me transforme sous un claquement de doigts en diva chanelisée, alors que j’en suis aux antipodes… Est-ce que moi je te demande de tout plaquer et d’accepter un emploi de comptable assis derrière un bureau toute la journée ? Non. Alors respire un peu. Ton monde ne va pas s’écrouler parce que je suis la première à t’avoir dit non. Dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut. Alors fais avec et essaies de trouver des solutions au lieu de te morfondre et de me faire culpabiliser…

Hortense se tut. Elle ne pu s’empêcher de retenir quelques larme de colère et s’enfuit en courant vers leur chambre, laissant derrière elle un Ralph abasourdi.

 

Dès que Hortense arriva dans leur cabane elle partit s’enfermer dans la salle de bain. Elle avait besoin d’être seule et surtout elle avait besoin de se calmer et de respirer. Elle qui gardait d’habitude son calme avait craqué et ne payait pas de mine. Ses mots avaient largement dépassés ses pensées, et sous l’effet de la colère avaient été poussés à l’extrême.

Elle prit une douche brulante, malgré la température locale déjà assez élevée, et s’efforça, pendant ce qui lui sembla une éternité, de détendre ses muscles un à un. Elle ne put s’empêcher de se demander où était Ralph, et en bonne trouillarde qu’elle était si il allait la laisser seule dans un pays étranger dès la première nuit. Et elle se rassura tant bien que mal en se disant que ça ne lui ressemblerait guère et que même sous l’effet lui aussi de la colère, il n’était pas méchant. Elle sortit donc rapidement de la douche en se séchant rapidement.

– Mince, pensa-t-elle lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait oublié son pyjama dans la chambre.

Elle ouvrit doucement la porte et pencha sa tête dans la chambre.

Vide.

Devant le silence de mort dans lequel était plongé leur cabane, elle en déduit qu’il n’était pas là. Elle s’enroula dans sa serviette et sortit. Elle s’approcha du lit. Son tee-shirt de foot ne payait pas de mine et elle se tourna vers le côté de Ralph. Toutes ses affaires étaient parfaitement rangées.

– Maniaque, pensa-t-elle à la vue des ses tee-shirts parfaitement superposés.

Elle en attrapa un au passage. Elle l’enfila rapidement ainsi que son shorty. Elle se retourna et ouvrit la porte qui menait au salon. Toujours personne et l’heure tournait. Que faisait-il et ce pouvait-il qu’il m’ait ainsi abandonné ? Elle retourna dans la chambre, se lova dans le lit en prenant soin de ne laisser qu’une petite lampe de chevet allumée. Elle huma le tee-shirt de Ralph se qui la rassura instantanément. Un mélange très frais de coton associé à quelques notes d’un parfum délicatement ambré. Décidément tout chez lui semblait parfait. Elle resta ainsi pendant plusieurs heures. Finalement la fatigue eut raison d’elle et elle sombra dans un sommeil léger.

 

Elle ne su si c’est parce qu’il faisait trop chaud ou bien à cause d’une certaine agitation, mais elle se réveilla en sursaut, complètement déboussolée.

– Excuse-moi, chuchota une voix à côté d’elle, je ne voulais pas te réveiller…

Hortense se tourna de l’autre côté et Ralph apparu dans son champ de vision.

– Où étais-tu passé ? grommela-t-elle la voix encore toute ensommeillée.

– Oh ne t’inquiète pas, je n’étais pas loin, dit-il en déboutonnant sa chemise. J’avais juste besoin de réfléchir.

– Tu fais quoi là ? demanda Hortense en s’empourprant.

– Je me mets en pyjama pourquoi ? D’ailleurs suis-je censé porter ça ? dit-il en attrapant le vieux tee-shirt de foot. On est désormais passé au stade où on échange nos affaires ?

Il enleva sa chemise et attrapa un de ses tee-shirts.

– En fait, je suis sur qu’il te va mieux qu’à moi alors je te laisse. Mais je dois reconnaître que tu ne portes pas mal mon tee-shirt non plus, concéda-t-il.

histoire-chap10-1Il enleva rapidement son short avant de se glisser en sous-vêtement dans le lit. Il posa son avant bras sur ses yeux.

– Tu vas bien ? demanda d’une petite voix Hortense. J’ai bien conscience de m’être emportée. Je ne voulais pas dire tout ce que je t’ai balancé dessus sur la plage. Du coup je me suis inquiétée…

Ralph ne répondit rien. Hortense laissa passer quelques instants, puis, n’y tenant plus elle attrapa son bras, prit sa main et mêla ses doigts aux siens.

– Ralph, soupira-t-elle. Dis quelque chose…

Il tourna lentement sa tête vers la sienne et plongea ses yeux dans les siens. Il avait l’air détendu, mais une lueur de tristesse pointait dans son regard.

– Je ne voulais pas que tu t’inquiètes, mais je ne pouvais pas rentrer tout de suite après ça. Il fallait que je me calme et que je réfléchisse à ce que tu m’as dit…

– Ralph écoute…

– Non, la coupa-t-elle. Ne me dis pas que c’était faux. Sans doute amplifié, mais tout ce que tu as dit, tu le pensais. Et moi, je n’ai pas l’habitude qu’on me remette à ma place ainsi. Mais j’en ai besoin je pense, au fond.

Hortense se plongea dans le silence, en espérant qu’il allait continuer. Mais il n’en fit rien et se contenta de la regarder.

– Et… demanda-t-elle soudain mal à l’aise.

– Je t’aime Hortense. Et pour ça je vais te laisser vivre la vie que tu veux et que tu mérites. J’attendrai…

– Tu vas rester ? demanda Hortense abasourdie.histoire-chap10

– Non, je vais faire mon film si ça te convient. Je suis vraiment convaincu qu’il est bon, et c’est mon travail, c’est ce pour quoi je suis doué. Je ne te change pas et tu ne me changes pas. Ça te va ?

– C’est parfait comme début, sourit Hortense.

– Alors d’ici quelques jours, nous allons commencer une relation à distance. J’ai beau me dire que ça va aller, je ne te cache pas que je n’y ai jamais vraiment cru alors ça m’inquiète un peu. Mais j’ai confiance en toi, du coup, je suis sûr qu’on va y arriver.

– Evidemment, ça coule de source. Mes examens sont dans deux mois, alors ça va passer vite…

– Pour moi deux mois ça va passer très lentement…

Devant sa mine déconfite, Hortense ne pu s’empêcher de retenir un gloussement.

– On peut savoir ce qui t’a fait changer d’avis ? demanda-t-elle lorsqu’elle eut reprit son souffle.

– Laisse-moi voir, ça commence par un H et ça finit par un E.

– Très bonne raison, sourit-elle.

Elle se pencha et l’embrassa. Ralph recula doucement et ajouta :

– Et puis, dans l’avion, pendant que tu dormais, tu as parlé…

– Quoi ? demanda vivement Hortense en se redressant. C’est n’importe quoi, je ne parle pas !

– Si, si, répliqua Ralph en levant les mains. Tu as parlé. Et même très distinctement.

– Si ça n’est pas trop poussé, je peux te demander ce que j’ai dis ?

Hortense semblait vraiment tendue et Ralph caressa son visage avant de lui souffler doucement :

-Tu m’as dit que tu m’aimais. Tout simplement.

 

Bonne journée à tous,

xoxo

delph

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