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Une petite histoire…

#Une petite histoire – Chapitre 7

 

– Laissez-moi un message et je vous rappellerai…

Il en était déjà à son 28ème et il n’y a plus de doute qu’après celui-ci, sa boite vocale serait saturée. Mais n’ayant de nouveau plus de nouvelle depuis la veille, il devait insister.

– Oui Hortense, c’est encore-moi. Oublie le dernier message, j’étais énervé. La vérité est que je ne comprends pas, et ça me tue. D’habitude je contrôle tout, mais là, ton comportement m’échappe. Je vais vraiment devenir fou si tu ne me réponds pas… J’ai compris que tu ne peux pas le faire, je ne sais pas pourquoi, mais j’attendrai, promis. Rappelle-moi, please, j’en ai vraiment besoin.

Il raccrocha. « J’en ai vraiment besoin » ? Mais qu’est-ce qui lui arrivait exactement. Ça ne lui ressemblait pas d’agir ainsi. Il devait reprendre sa vie en main. Il décida donc, pour pallier le manque, de se pencher sur le script qu’il avait reçu quelques jours plus tôt. Il était vraiment bien écrit, et il trouvait le choix des acteurs judicieux. Il avait déjà hâte de retrouver Georges, son bon ami, qu’il avait rencontré sur le tournage d’un de ses films. De plus, facteur non déterminant mais important tout de même : les plusieurs milliers de dollars relatifs au film. Le succès était donc réuni en quelques pages seulement. Il allait accepter, cela ne faisait plus aucun doute. Le tournage se déroulait sur 6 mois, et 3 pays différents : l’Australie, les USA, et l’Afrique. Des pays qui ne lui étaient pas étrangers. Cependant, une lueur de doute s’installait dans son visage. C’est vrai que désormais tout était différent. Il se sentait vraiment attaché, comme si une part de lui allait rester à Versailles, auprès d’elle. Six mois… Cette période était dérisoire pour lui, mais qu’en était-il pour elle ?

Il décida d’aller la voir chez elle. Il devait lui parler avant d’accepter. Il s’y rendit en voiture, célébrité de nouveau recouvrée oblige. Une fois devant sa résidence, il sonna. Personne.  Hortense ne s’y trouvait pas. A 17h, un lundi, elle devait sûrement revenir de ses cours à Paris. Il décida de l’attendre dans sa voiture. Il n’était jamais rentré chez elle. Elle lui avait donné son adresse un jour, alors qu’il insistait.

– Ce n’est pas grand mais c’est très lumineux. Tout l’inverse de ta suite royale du Trianon Palace. Il vaut mieux pour toi, et pour ton fragile cœur de milliardaire de ne jamais rentrer. Pour éviter la syncope, ajouta-t-elle malicieusement. Mais bon, je dis ça pour toi…

Cette pensée lui pinça à juste titre son « fragile cœur de milliardaire ». Comment deux personnes aussi éloignées pouvait-elle se compléter aussi bien? Excusez les clichés, mais Hortense était en quelque sorte sa moitié, celui qu’il ne pouvait-être, mais qu’il voulait-être. Elle respirait une fraîcheur qu’il essayait vainement d’apercevoir. Mais au-delà de ça, même avec tous les efforts dont il se sentait capable, quelque chose l’attirait inéluctablement en elle, et il avait beau résister, il avait beau tenter d’espacer au maximum ses appels téléphoniques, il avait besoin d’elle près de lui.

Numériser 1 (3)Il était ainsi, perdu dans ses pensées, quand soudain il l’aperçu. Elle portait une tenue simple. Son jean moulait parfaitement ses longues jambes fines, ses espadrilles et son Herschel lui donnait un air cool, et sa veste pâle faisait ressortir ses yeux bleus si intensément que cela était déconcertant. Elle avait attaché ses cheveux blonds en une longue tresse. Elle était belle, et Ralph se senti troublé de cette beauté. Pourtant, des jolies filles, il en avait vu par centaines. Mais celle-là était naturelle, et lui résistait. Ce qui fit moins plaisir à notre jeune homme, fut la présence masculine aux côtés de Hortense. Il était grand, et avouons-le, sans beaucoup de prestance. Mais la complicité qui se dégageait d’eux énerva quelque peu Ralph. Il ne devait pas céder à la jalousie. Il devait se montrer fort, sous son meilleur jour. Il sortit donc avec calme du recoin de la Résidence.

A sa vue, Hortense se figea net, le rouge aux joues. Il ne sait combien de temps elle resta ainsi, mais son ami la contempla avec curiosité avant de se tourner vers celui qu’elle fixait si intensément. En quelques enjambées, Ralph les rejoignit.

– Salut Hortense, ça va ? Je t’ai laissé des messages pour te dire que je venais, ajouta-t-il devant son mutisme.

– Je n’ai pas eu le temps de voir mon portable. Euh, Julien, voici Ralph, et Ralph, Julien, mon ami et voisin.

Elle semblait de toute évidence pressée d’abréger la rencontre et c’est avec une certaine gêne qu’elle se tourna vers son ami.

– Julien on se voit demain pour réviser notre oral ?

– Ok pas de problème. Passe une bonne soirée, ajouta-t-il en lui lançant un regard taquin.

– C’est ça et toi entraîne-toi. Je vise les 18.

– Mais bien sûr ! On peut toujours rêver.

Il partit en lui faisant un rapide au revoir de la main.

Hortense se tourna vers Ralph.

– Ne t’avise pas de la moindre réflexion, lui jeta-t-elle avec défiance.

– Mais je n’ai rien dit encore, répondit Ralph en levant les mains en l’air.

– Julien n’est qu’un ami. Et je ne t’en ai pas parlé car on se connait à peine.

– Très bien ! N’en parlons plus alors. A moins que tu ne le veuilles. Bon tu m’invites à rentrer ?

Hortense sembla de nouveau mal à l’aise. En se balançant d’un pied à l’autre elle lui répondit :

– Euh, tu ne préfèrerais pas aller te balader ? C’est vrai ça ! Tu ne trouves pas que notre génération à tendance à rester enfermée ? Il faut passer plus de temps à l’extérieur, c’est bon la nature. Sens la vitamine D passer à travers….

Elle ne put en dire davantage car Ralph avait posé son doigt sur sa bouche, lui imposant le silence.

– Hortense tu recommences encore et encore. Mais je lis en toi comme dans un livre. Tu ne veux pas me faire rentrer chez toi. Pourquoi ? ajouta-t-il avec la plus grande incompréhension.

– Je te l’ai déjà dis : ça me met mal à l’aise car c’est ridiculement petit comparé à ce à quoi tu es habitué. Mes meubles viennent de chez IKEA…

– IKE quoi ?

– Ok, ça confirme ce que je pensais, souffla-t-elle désespérée.Numériser 1 (2)

– Hortense je rigole. Evidemment que je connais IKEA. Et je n’ai aucun problème notoire avec l’enseigne. Quant au fait que ce soit petit, de un, je ne suis pas gros, de 2, tout ce qui est petit est mignon. Convaincue ?

– Mouais… répondit Hortense qui ne semblait pas du tout convaincue.

Elle semblait de toute évidence peser le pour et le contre.

– D’accord, ajouta-t-elle résignée. Suis-moi.

Ralph la suivit avec satisfaction. Il traversèrent un parc où s’élevaient des voix d’enfants qui trônait au milieu de la résidence, de toute évidence familiale.

– J’habite ici, dit Hortense en désignant un immeuble grand dont le ravalement aurait bien besoin d’une seconde vie. Je te préviens, c’est un sixième sans ascenseur, alors ça ne sert à rien de te plaindre… D’ailleurs tu peux aussi bien changer d’avis, je connais de super parcs dans le coin…

– Ça ne m’étonne pas, mais ça sera pour une prochaine fois. Allez Mademoiselle-je-tente-de-faire-diversion, je vous suis.

– Vos désirs sont des ordres, Monsieur MacGardian.

Aussi entreprirent-ils de monter jusqu’à l’appartement de Hortense. Ralph qui s’était juré de ne faire aucun commentaire devait bien s’avouer que les ascenseurs étaient une formidable invention humaine. Une fois arrivés, Hortense ouvrit rapidement la porte et laissa le passage à Ralph.

histoire appartIl ne s’était pas attendu à ça. Effectivement l’appartement n’était pas grand et se résumait à une pièce de vie ouverte sur une cuisine américaine, avec un peu plus loin une chambre. Mais l’espace était décoré de manière à créer un petit cocon, et l’espace dégageait une telle intimité et authenticité qu’il faisait de toute évidence bon d’y vivre.

Ralph, sous les yeux inquisiteurs d’Hortense, entreprit une visite plus approfondie. Il se pencha sur un meuble qui devait accueillir l’équivalent d’un demi-million de photos. Il reconnaissait sans peine Hortense enfant, aux yeux toujours rieurs. Une autre photo, où Maxence, aux côtés de sa soeur, était entouré de trois autres filles. De toute évidence une photo de famille. Il reconnu également ses parents et devait reconnaître qu’elle était le portrait craché de son père.

Numériser 1 (1)

– Qu’es-ce que tu regardes ?

– Qui est-ce ? demanda Ralph en montrant le portrait d’un jeune homme en tenue d’officier.

Hortense le fixa intensément de manière qu’il comprit instantanément la réponse.

– Guillaume, répondit-elle même si cela n’était nullement nécessaire.

– Il travaille dans l’armée ?

– Travaillait et oui, dans l’armée de terre.

Ralph reposa la photo. Il reprit la parole quelques instants plus tard, ne supportant plus le silence dans lequel ils étaient plongés :

– Ton appartement est vraiment superbement décoré. Tu as un don pour que même un parfait étranger s’y sente à l’aise.

– Il paraît que j’ai été décoratrice d’intérieurs dans une vie antérieure, ajouta-t-elle avec malice.

– Bouddhisme ? répondit Ralph intéressé.

– Dans tes rêves !

Hortense rigola et regagna la cuisine.

– Tu veux boire quelque chose ? En fait, ajouta-t-elle, je n’ai que de la bière ou des jus de fruits.

– Une bière c’est parfait.

Hortense lui tendit une despérados.

– Pouah c’est une bière de fille bon marché.

– On ne critique pas ! On n’a pas tous les moyens de claquer des milliers d’euros dans une bouteille.

– Ce qui est dommage si cela nous conduit inéluctablement à ça, dit-il en levant sa bouteille.

Hortense soupira en se servant un verre de jus de fruits puis alla s’installer dans le canapé. Ralph la rejoint et elle se blottit contre lui.

Numériser 1

– Pourquoi n’as-tu pas répondu à mes messages ? demanda-t-il avec sérieux.

– À ton harcèlement tu veux dire ? Ecoute, aussi étonnant que cela puisse être, ce n’est pas parce que je ne te réponds pas que je cherche à t’éviter. J’ai pas mal de boulot, et avec mes à-côtés et mes journées que de 24h j’ai parfois du mal à y voir clair. D’autant plus qu’avec mon portable qui sonne toutes les millièmes de secondes à cause de cet article de journal, j’ai été un peu submergé.

– Alors tu ne m’évites pas ?

– Non, étonnamment je fais quelque chose de moins palpitant c’est à dire travailler, comme ce que font les honnêtes gens.

– A ce propos, j’ai vraiment l’impression que le scénario que j’ai reçu est bon.

– Tu vas accepter alors ?

– Que si tu acceptes de venir avec moi…

 

 

Si vous l’avez manquée, vous pouvez trouver le début de l’histoire ici.

xoxo

delph

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